Etoile du matin

Les petits coins

Mise en ligne Sep 21, 2014 par Etoile du Matin dans Coin Enfants
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   Georgia Willis, qui aidait à la cuisine était en train de frotter les couteaux. Quelqu’un avait été négligeant et l’un d’eux avait rouillé ; mais Georgia frottait de toutes ses forces, frottait et chantait doucement un petit chant :

         « Le monde est plein d’ombre 

         Brillons, brillons bien,

         Toi dans ton coin sombre,

         Et moi dans le mien. »

« Pourquoi frottes-tu ces couteaux depuis si longtemps ? » demanda Marie. Marie était la cuisinière.

« Parce qu’ils sont dans mon coin, » répondit gaiement Georgia. « Vous savez : ‘ Toi dans ton coin sombre, et moi dans le mien ’. Je vais faire du mieux que je peux ; c’est tout ce que je peux faire. »

« Je ne dépenserais pas mon énergie, » dit Marie. « Je sais bien que personne ne va s’en rendre compte. »

« Si, Jésus, » répondit Georgia ; et elle chanta à nouveau :


 « Toi dans ton coin sombre,

Et moi dans le mien. »


Dans la cuisine…

« Je suppose que préparer le repas est dans mon coin, » se dit Marie. « Si cette enfant doit faire tout ce qu’elle peut, je suppose que je le dois aussi. Si Jésus est au courant des couteaux, il est certain qu’il s’intéresse aussi aux repas. » Et elle prit un soin particulier à préparer le dîner.

« Marie, le dîner était particulièrement bon aujourd’hui » déclara Miss Emma.

« C’est grâce à Georgia, » répondit Marie avec un grand sourire. Et elle raconta l’histoire des couteaux.

Au repassage…

   Miss Emma repassait des robes avec de beaux cols en dentelle ; elle était fatiguée, et elle avait chaud. « Je vais me dépêcher de finir ces robes, de toute façon Hélène ne s’inquiète pas de savoir si elles sont parfaitement repassées. » dit-elle. Mais après avoir entendu l’histoire des couteaux, elle fit de son mieux.

« Que ma robe est bien repassée ! » dit Hélène. Emma répondit en riant : « C’est grâce à Georgia. » Puis elle raconta l’histoire de Georgia qui avait fait de son mieux avec les couteaux.

La réunion de prière…

« Non » déclara Hélène à une amie qui la pressait : « Je ne peux vraiment pas venir ce soir. Je vais à la réunion de prières ; c’est là qu’est mon ‘coin’. »

« Ton ‘coin’ ! Que veux-tu dire ? »

   Hélène parla à son amie des couteaux.

« Eh bien ! » dit son amie, « si tu ne viens pas avec moi, je vais peut-être aller avec toi, » et elles allèrent à la réunion de prière.

« Quelle merveilleuse aide tu nous as apportée pour les chants ce soir, » leur dit le pasteur alors qu’elle revenait à la maison. « J’avais peur que tu ne sois pas là. »

« C’est grâce à Georgia, » dit Hélène. « Elle pense qu’elle doit faire de son mieux, même s’il s’agit uniquement de nettoyer des couteaux. » Et elle lui raconta l’histoire.

Le pasteur et le malade…

« Je pense que je vais y retourner, » se dit le pasteur, s’arrêtant devant une pauvre petite maison. « Hier, j’ai dis que ce n’était plus utile ; mais je dois faire tout ce que je peux. »

   Dans la maison était couché un homme malade. Encore et encore le pasteur avait parlé à son cœur, mais l’invalide ne voulait rien entendre. Ce soir-là, le pasteur dit : « Je suis venu vous raconter une petite histoire. » Puis il lui parla de Georgia Willis, de ses couteaux et de son coin, et son idée de ‘faire du mieux qu’elle pouvait’. L’homme malade essuya les larmes qui coulaient de ses yeux, et dit : « Je vais aussi trouver mon coin. Je vais essayer de briller pour Jésus. » Et cet homme malade était le père de Georgia.

   Jésus, la regardant ce jour-là, dit : « Elle a fait de son mieux », et  donna sa bénédiction.

A la couture…

« Je crois que je ne vais pas faire de promenade, » dit Hélène, avec hésitation. « Je vais finir cette robe pour maman ; je suppose que je peux le faire. »

« Eh bien ! mon enfant, tu es ici en train de coudre ? » lui dit sa mère. « Je croyais que tu étais parti marcher. »

« Non, maman ; il semblait que cette robe était de mon ‘coin’, alors j’ai pensé qu’il me fallait la finir. »

Un acte généreux…

« Dans ton ‘coin’ ! » répéta sa mère avec surprise, et Hélène lui parla des couteaux. La sonnette de l’entrée retentit, et la maman reçu avec prévenance le pasteur. « Je suppose que je pourrais donner plus, » se dit-elle, alors qu’elle sortait de son porte-monnaie les dix euros qu’elle avait mis de côté pour les missions. « Si cette pauvre enfant à la cuisine essaie de faire de son mieux, je crois que je le peux aussi. Je vais donner vingt-cinq euros. »

   Et il me semble entendre l’ange gardien de Georgia dire à une autre ange : « Georgia Willis a donné vingt-cinq euros pour notre chère peuple d’Inde aujourd’hui. »

« Vingt-cinq euros ! » répondit l’autre ange. « Moi qui pensait qu’elle était pauvre. »

« Oh, elle pense qu’elle l’est, mais son Père dans les cieux ne l’est pas, tu sais ! Elle a fait de son mieux, et Il a fait le reste. »

   Mais Georgia, ne savait rien de tout cela, et le matin suivant elle fit briller les couteaux en chantant joyeusement :

 

                 « Le monde est plein d’ombre :

                 Brillons, brillons bien,

                 Toi dans ton coin sombre,

                 Et moi dans le mien. »